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ou comment je pris part au chaos de la logorrhée mondiale

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Anna Karénine, le ballet

Que donneraient les grands classiques de la littérature russe en ballet ? Boris Eifman, chorégraphe russe qui dirige le ballet de Saint-Pétersbourg depuis plus de trente ans, tente d’y répondre avec des créations comme L’Idiot, Les Frères Karamazov, Anna Karénine ou plus récemment La Mouette. Son retour en France avec Anna Karénine permet de redécouvrir ce ballet magnifique que j’avais eu l’occasion de voir une première fois au New York City Ballet en 2005. Sur une musique de Tchaikovsky, entre classicisme et modernité, et dans une exigence où les corps sont poussés à leur extrême limite, nous y accompagnons Anna dans sa folie et son déchirement entre la traditionnelle vie familiale et une passion dévorante pour son amant, dont l’issue, « à la russe », ne peut être que fatale. Splendide. (note : 5/5)

→ 1 Commentaire7 décembre 2010 · Catégorie danse

Outrage

On attendait avec impatience le dernier Takeshi Kitano (avec Beat Takeshi en rôle principal)… et la déception est à la hauteur de l’attente : absence de scénario, acteurs absents, longueurs, dialogue et intrigue inexistants, quelques explosions de violence qui n’empêchent malheureusement pas de s’assoupir tout au long du film… à se demander s’il ne s’agissait finalement pas d’un film amateur que Kitano aurait diffusé sous son nom sans même le visionner… bref, étonnant de médiocrité ! (note : 0/5)

→ 0 Commentaire2 décembre 2010 · Catégorie ciné

Fargo

Retour sur un des premiers film des frères Coen : un vendeur de voiture fait enlever sa femme par deux malfrats minables pour toucher une rançon du riche beau-père… forcément, les choses ne tournent pas comme prévu et une policière de campagne remonte lentement la piste. L’ambiance des gens ordinaires mais au bord du précipice que savent si bien instaurer les frères Coen est bien là, musique parfaite, acteurs à la tête de l’emploi… mais un scénario un brin basique, loin de cette tension permanente de leur chef d’œuvre No Country for Old Men. A voir mais fait penser à une œuvre de jeunesse non aboutie. (note : 3/5)

→ 0 Commentaire1 novembre 2010 · Catégorie ciné

Princesse Mononoké

Miyazaki nous raconte cette fois l’histoire d’Ashikata, chef de clan dans le Japon du XVe siècle touché par la malédiction d’un sanglier transformé en dieu maléfique. Il est alors forcé de partir à la recherche du dieu cerf pour lever la malédiction qui le gangrène. Il rencontre alors un monde où les humains se battent contre les esprits de la vieille forêt pour assurer leur prospérité, thème cher à Miyazaki qui met en scène l’opposition entre progrès et respect de l’environnement et la complexité des rapports entre les hommes et leur environnement. Cette complexité ne fait que s’accroître quand Ashikata découvre que la forêt est protégée par Princesse Mononoké, une humaine adoptée par les loups… Un chouette Miyazaki. (note : 5/5)

→ 0 Commentaire31 octobre 2010 · Catégorie ciné

Alamut

Ce roman historique de l’écrivain slovène Vladimir Bartol de la première moitié du XX siècle est tout simplement étonnant : partant de l’histoire de la « secte des assassins » (secte ismaélienne du XI siècle) et du récit légendaire accompagnant cette secte (le fondateur, autoproclamé prophète, régnait sur une forteresse imprenable où il formait des futurs martyrs en leur ouvrant la porte du paradis grâce à des bonbons drogués), il dénonce dès la fin des années 30 (Staline au pouvoir depuis 15 ans, Hitler fraichement arrivé) les régime totalitaires basés sur la soumission et l’aveuglement des masses. Il prophétise aussi, longtemps avant les attentats du 11 septembre 2001, ce recours au martyr au nom de la religion et du paradis céleste. Captivant, tant du point vue historique que purement romanesque. (note : 4/5)

→ 0 Commentaire27 octobre 2010 · Catégorie lecture

Suivront mille ans de calme

La dernière création de Preljocaj est ambitieuse : collaboration avec le Théâtre du Bolchoï (10 danseurs du Bolchoï participent à la chorégraphie), musique de Laurent Garnier, inspiration de l’Apocalypse de Saint Jean… la barre est très haute mais le résultat dépasse les espérances : une scénographie aux inspirations indiennes impeccable, une musique électronique envoutante ponctuée de quelques passages de Beethoven, des gestes toujours aussi précis et une émotion à son comble. Comme le dit Preljocaj, la danse « stigmatise nos rituels, révèle l’incongruité de nos postures qu’elles soient d’ordre social, religieuses ou païennes. Suivront mille ans de calme voudrait effleurer cette dérive aveugle des corps, ballottés par des idéaux et des croyances, un peu perdus entre les lignes de l’Apocalypse ». Le résultat de cette réflexion est un ballet engagé qui « dévoile » les fléaux cachés dans les recoins de nos sociétés… et après, si on s’en sort, suivront effectivement mille ans de calme… Splendide ! (note : 5/5)

→ 0 Commentaire18 octobre 2010 · Catégorie danse

L’Arrache-coeur

Après avoir lu l’Ecume des jours, le titre de l’Arrache-coeur est trompeur, on s’attend à y retrouver ce fameux objet qu’Alise a utilisé pour tuer Jean-Sol Partre… mais Boris Vian nous livre un roman étonnant, moins poétique, autrement plus complexe. Nous sommes encore projetés dans un univers fantastique, un petit village perché sur les falaises qu’un étranger va voir d’un œil nouveau : le surréaliste (la foire aux vieux, les enfants esclaves, les animaux crucifiés, la religion luxe, …) se normalise lentement dans un rythme temporel déroutant et les seules personnes vivant à l’extérieur du village sombrent dans un amour obsessionnel inquiétant. Du Vian intense qui nous renvoie à notre propre folie. (note : 5/5)

→ 0 Commentaire10 octobre 2010 · Catégorie lecture

L’Arrangement

L’Arrangement, adapté par Elia Kazan de sa propre nouvelle éponyme, nous rappelle la puissance d’une image simple (un homme, un paysage, une musique, …) lorsque le génie d’un réalisateur et des acteurs lui donnent une force dramatique inégalée (et, par opposition, la médiocrité générale du cinéma actuel qui regorge de sophistications inutiles). Kirk Douglas, impressionnant, y incarne un homme dont la réussite matérielle ne le sauve pas du vide intérieur et des démons du passé. Faye Dunaway, froide beauté fatale, est la muse du film. Elia Kazan confirme (beaucoup le savaient déjà bien avant moi) qu’il fait partie des grands du cinéma. (note : 5/5)

→ 0 Commentaire2 octobre 2010 · Catégorie ciné

The Housemaid

Remake d’un film sud-coréen culte des années 1960, The Housemaid (Sanyo) raconte l’histoire d’une jolie trentenaire qui devient servante dans une famille très riche. La femme est enceinte et l’homme décide de prendre la servante comme maîtresse…. jusqu’à ce que tout bascule dans une cruauté extrême. Im Sang-soo met ainsi en scène deux facettes de la sociétés coréenne : les riches, puissants et machiavéliques et les classes moyennes, entre résignation et désespoir. L’épilogue explosif est néanmoins gâché par un milieu de film sans reliefs.  Intéressant sans être un chef d’œuvre. (note : 3/5)

→ 0 Commentaire23 septembre 2010 · Catégorie ciné

L’Ecume des jours

Dès les premiers mots de ce roman culte, Boris Vian nous projette dans un univers poétique, surréaliste et déroutant où la matière est vivante et où il est question d’amour et de mort. Sur un fond de Duke Ellington (et notamment l’arrangement Chloé, qui partage son nom avec l’héroïne du roman), Colin vit dans un monde à la fois réel et fantastique où il rencontre Chloé dont il tombe amoureux. Mais Chloé tombe malade et le monde fantastique s’obscurcit à l’image de la tristesse qui envahit les personnages. Après le Maître et Marguerite de Boulgakov, une des plus belles histoires d’amour jamais écrites. (Re)découvrir ce chef d’œuvre relève de la nécessité. (note : 5/5)

→ 0 Commentaire20 septembre 2010 · Catégorie lecture

Une Saga Moscovite

J’ai découvert Vassili Axionov au hasard d’un lien vers une liste de lecture sur Amazon. Après l’intermède de quelques Agatha Christie, je cherchais un roman qui ait de la consistance, où les pages se succéderaient pendant très longtemps et me laisseraient le temps de me familiariser avec les personnages… Bref, plus simplement, j’avais envie d’un « pavé ». Une Saga Moscovite répond à ce premier critère quantitatif : 1600 pages sur deux tomes pendant lesquelles nous accompagnons les péripéties de trois générations d’une famille de l’intelligentsia russe pendant le règne de Staline, du milieu des années 1920 à 1953. Dans un style romanesque unique où se mélange le tragique au burlesque, Axionov nous fait partager les espoirs et la violence des premières années de la révolution jusqu’à la désillusion et le climat de survie de la fin du règne de Staline… Les personnages sont le reflet de leur époque et illustrent à merveille cette vision d’une « intelligentsia » qui traverse l’Histoire tout en gardant son sens de la morale, de la famille et de la patrie. Vous l’aurez compris, il s’agit d’un chef d’œuvre qui se dévore et qui ne donne que l’envie de découvrir plus encore cet auteur peu connu. (note : 5/5)

→ 0 Commentaire23 août 2010 · Catégorie lecture

Hommage aux ballets russes

Preljocaj entame une tournée estivale en faisant revivre deux classiques de son répertoire : Noces et Le Sacre du Printemps. Le premier évoque les traditions des mariages des Balkans où les cérémonies portent un arrière goût de drame tandis que le second met en scène la brutalité du désir érotique… avec pour points de rencontre deux musiques fascinantes de Stravinsky, une brutalité évocatrice des rituels païens ancestraux et une mise en scène d’un érotisme cru. Vous ajoutez à cela le décor du bassin de Neptune à Versailles et le rêve est entier. A (re)voir. (note : 5/5)

→ 1 Commentaire10 juillet 2010 · Catégorie danse

Chroniques japonaises #4

Plus traditionnel, le torii flottant de l’île de Miyajima, une des trois vues les plus célèbres du Japon.

→ 0 Commentaire19 juin 2010 · Catégorie chroniques japonaises

Agatha Christie

Un retour aux classiques avec une (re)découverte des trois classiques d’Agatha Christie : Dix petits nègres, le Crime de l’Orient-Express et Le Meurtre de Roger Ackroyd. Suspens, intrigues inextricables et rebondissements sont au rendez-vous dans ces polars qui se dévorent dès la première page. En revanche, avec le recul, on reste déçus par les solutions des énigmes qui sont le plus souvent « sorties du chapeau » dans les dernières pages au lieu de résulter d’un accompagnement du lecteur tout au long de l’intrigue. Dommage. (note : 4/5)

→ 0 Commentaire6 mai 2010 · Catégorie lecture

The Shining

Quoi de mieux que de se replonger dans ce classique de Kubrick où Jack Nicholson donne vie à l’imaginaire de Stephan King. Basé sur le roman éponyme, Nicholson y incarne un gardien d’un hôtel fermé l’hiver qui s’apprête à vivre de longs de mois de solitude avec sa femme et son fils. Mais le fils, qui possède un don de médium, le « Shining », est effrayé à l’idée d’habiter ce lieu marqué par de terribles évènements passés… Suspens garanti. (note : 5/5)

→ 0 Commentaire3 mai 2010 · Catégorie ciné

Libre Echange

Le deuxième roman de Bernard Mourad, qui relate l’histoire d’un homme au bord du gouffre à qui le « système » propose de changer de vie, s’inscrit dans la même veine que le premier (Les Actifs Corporels) : incisif, caustique et miroir d’une humanité déchue. Seul « réconfort » : le pouvoir du système (financier, politique, médiatique) n’est pas suffisant pour créer le bonheur… Et qui mieux qu’un banquier d’affaire reconverti peut en parler ? Sans être un chef d’œuvre, se laisse dévorer (note : 4/5).

→ 0 Commentaire22 avril 2010 · Catégorie lecture

Chroniques japonaises #3

La phrase habituelle qu’on nous répète sur le Japon : « quel étonnant mélange de tradition et de modernité »… Et si ce jardin « japonais », havre de paix en plein centre de Tokyo, entouré de barres d’immeubles en est l’illustration ?

→ 0 Commentaire13 avril 2010 · Catégorie chroniques japonaises

Les Justes

La mise en scène de Stanislas Nordey de ce classique de Camus aligne du beau monde dans la grande salle de La Colline : Emmanuel Béart et Wajdi Mouawad pour ne citer qu’eux. Refroidi par l’expérience du Tramway à l’Odéon où grande star ne rime pas avec théâtre de qualité, je craignais le pire. Et le pire est arrivé, sous une forme différente, plus posé (on était loin du défilé de mode), plus discret, par un ennui pesant qui s’installe pendant deux heures et demi… 150 minutes (ou presque, si on fait abstraction du sursaut des 15 dernières minutes) où 5 personnages, habillés en manteaux gris dans un décor inexistant, déclament un texte puissant mais sans vie, comme une longue récitation où les sursauts d’émotion font rire au lieu de pleurer et où le drame se transforme en concours de voix enrouées. Le théâtre de la Colline a vu mieux, les applaudissements polis en témoignent. Tristement banal. (note : 2/5)

→ 0 Commentaire12 avril 2010 · Catégorie théâtre

Voyage au bout de la nuit

La lecture du roman culte de Céline est en premier abord poussive et donne l’impression de ramer à contre courant dans un fleuve déchainé. Petit à petit, un malaise s’installe, ce personnage lâche et cynique qu’est Ferdinand Bardamu ne cesse de se heurter à l’absurdité du monde qui l’entoure fait de guerres, de faux héroïsmes et de recherche de l’argent et du plaisir.  On finit aussi par se rendre à l’évidence que le thème de la nuit est omniprésent et que l’action semble se dérouler dans une pénombre sans fin : la première guerre mondiale ressemble à une succession de fuites nocturnes, l’expérience américaine finit dans des déambulations nocturnes, Rancy qui vit dans la pénombre, l’asile de Vichy vit la nuit… Le monde que met en scène Céline réduit l’homme à un animal enragé, les visages sont gris, les destins tristes à mourir, le soleil ne s’y lève pas, mais ce monde est affreusement réaliste et inquiétant. Après ce « voyage », le lecteur a aussi l’impression d’être arrivé au bout de la nuit… Oui, c’est de la grande littérature! oui, Céline est un des grands écrivains français de son siècle.  A lire. (note : 5/5)

→ 0 Commentaire7 avril 2010 · Catégorie lecture

Siddharta

Preljocaj revient avec une nouvelle création pour l’Opéra de Paris, le ballet Siddharta inspiré du mythe de celui qui donnera naissance au Bouddhisme. La courte description sur le site de l’Opéra est accrocheuse : « au-delà du simple récit, il dévoile les tourments et les mystères de ce long voyage intérieur, semé d’embûches, d’incertitudes et de doutes. » Malgré un début prometteur, on finit vite par ne plus  reconnaitre ce qui fait la force d’un Preljocaj : les gestes sont imprécis (c’est vrai que l’Opéra de Paris n’est pas le temple de la danse contemporaine), la musique est insignifiante ou agaçante, la scénographie sans intérêt… ou ridicule comme dans cette scène où l’Éveil apparaît dans un halo de lumière devant une énorme maison pendue au ciel… Tout cela finit par de timides applaudissements, on se hâte de quitter la salle et d’oublier qu’il s’agissait d’un Preljocaj. (note : 2/5)

→ 0 Commentaire29 mars 2010 · Catégorie danse