Après l’Ile, Pavel Lounguine reste sur sa lancée mystique pour mettre en images le règne d’Ivan le Terrible qui, entre paranoïa et démence, met la Russie du XVIème siècle à feu et à sang. Piotr Mamonov qui a accompagné Lounguine dans plusieurs films (Taxi Blues, l’Ile) est fascinant dans le rôle du Tsar fou qui voit le jugement dernier se profiler dans chacun de ses actes. Film surprenant qui ne cède en rien à une violence facile et qui nous laisse cloués à notre siège pendant deux heures sans voir le temps passer. (note : 4/5)
Tsar
→ 0 Commentaire3 février 2010 · Catégorie ciné
…
La poésie est de retour, avec ces quelques vers de Nadia Tuéni
« Douce douce odeur du silence
il pleut dans mes yeux cette nuit
le ciel est un ruban usé,
l’étoile une bête qui fuit. »
Nadia Tuéni, Jardinier de ma Mémoire
→ 0 Commentaire25 novembre 2009 · Catégorie poésie
Les Démons (la pièce)
Après Vie et Destin en 2008, le MC93 de Bobigny rend cette année hommage à Lev Dodine (metteur en scène et directeur du Maly Drama Théâtre de Saint-Petersbourg) par une rétrospective sur l’ensemble de son œuvre. C’est ainsi que l’adaptation du roman éponyme de Dostoïevski d’une durée de 7 heures créée en 1991 a eu droit à une nouvelle vie. Si 7 heures de spectacle peuvent laisser sceptique sur la capacité à garder une salle comble en éveil, Lev Dodine nous donne la démonstration que non seulement c’est possible, mais que le temps peut filer à une incroyable vitesse et que le spectateur se laisse volontiers emporter dans la vie destructrice de ces « possédés » dont la folie est toujours d’actualité. Si le roman de Dostoïevski n’est pas à présenter, cette deuxième pièce de Lev Dodine que j’ai le plaisir de voir semble confirmer qu’on est en présence d’un metteur en scène et une troupe à suivre. (note : 5/5)
→ 0 Commentaire15 novembre 2009 · Catégorie théâtre
L’Enigme de Kaspar Hauser
Werner Herzog raconte une histoire étrange tirée d’un fait réel : à Nuremberg au XIX siècle, un homme adulte qui avait passé sa vie enfermé dans un cachot coupé de tout contact humain est retrouvé sur la place du village. Un comte bienveillant essaye de le ramener à l’humanité en lui enseignant à lire, écrire et se tenir dans une société dont il critique candidement les simagrées. Il commence même à apprendre à rêver jusqu’à ce que les vieux démons le rattrapent. A voir. (note : 4/5)
→ 0 Commentaire11 novembre 2009 · Catégorie ciné
Vol au-dessus d’un nid de coucou
Heureusement que certaines lacunes peuvent êtres comblées et voir ce chef d’œuvre de Milos Forman en fait partie. Jack Nicholson se fait interner pour échapper à la prison… et se prend d’affection pour ce petit monde qu’une infirmière stricte mène à la baguette… jusqu’à y rester plus longtemps que prévu. Un rôle que seul Nicholson pouvait jouer. A voir. (note : 5/5)
→ 0 Commentaire1 novembre 2009 · Catégorie ciné
Thirst
Park Can-Wook, réalisateur de la sublime trilogie violente : Sympathy for Mr Vengeance, Lady Vengeance et Old Boy, revient avec un banal film de vampires dont le manque d’originalité, la prévisibilité des scènes et la longueur le transforment en une rencontre avec l’ennui… Sans s’attarder sur cet enchainement d’images qui donne une impression de brouillon, vous l’aurez compris : fuyez ! (note : 1/5)
→ 0 Commentaire7 octobre 2009 · Catégorie ciné
Numéro 9
Le film d’animation Numéro 9 (produit, et non pas réalisé par Tim Burton) nous plonge dans une atmosphère sombre et métallique de fin du monde tout en gardant un côté attachant et poétique grâce à ces créatures miniatures aux traits basiques mais étonnamment expressifs. Si le scénario offre peu d’originalité, l’ambiance de ce film indépendant est suffisante à faire passer un bon moment et nous faire regretter une durée si courte (1h20). (note : 4/5)
→ 0 Commentaire16 septembre 2009 · Catégorie ciné
C’est moi qui souligne
Nina Berborova, dans sa préface à l’édition française de son autobiographie, commence par la recherche d’un mot dont on ne comprendra la portée de 500 pages plus loin. Un mot qu’elle illustre par la relation sur plus d’un siècle et demi entre les intellectuels russes et français. Ce mot, la « nécessité », traduit à merveille son besoin d’écrire qu’elle partage avec nous dans cette autobiographie hors du commun. Nous sommes en effet à l’opposé d’un étalage incontrôlé d’émotions et de situations personnelles qui réveilleraient un voyeurisme primaire dans tout un chacun… nous sommes également loin d’une tentative de re-raconter l’Histoire, tentation facile pour un personnage qui a vécu plusieurs évènements marquants du XX siècle. Au lieu de tout cela, Berberova nous met dans une bulle (évidemment personnelle) et nous fait voyager avec elle à travers les lieux et les époques : le Pétersbourg d’avant la révolution, la révolution russe de 1917, le Paris (russe et non russe) d’avant-guerre, la deuxième guerre mondiale à travers ses impressions d’un petit village perdu dans l’Ile-de-France, et le dernier voyage au nouveau monde. Elle nous raconte sa vie comme une rencontre… avec des grandes figures de la littérature russe, avec le temps, avec elle-même. Bref, un de ces livres fabuleux qu’on regrette de ne pas avoir lu plus tôt. (note : 5/5)
→ 0 Commentaire7 septembre 2009 · Catégorie lecture
Inglourious Basterds
Quentin Tarantino revient avec un film dans le genre qu’il manie à merveille : une épopée loufoque et sauvage où on rit en se cachant les yeux devant l’horreur de certaines images, tout cela dans un rythme qui alterne les plans en longueur (comme on les aime) et les scènes d’action débridées et une excellente maitrise des images et des dialogues. Bref, même si on frôle parfois le mauvais goût, on est en face d’un excellent Tarantino qu’on regarde avec plaisir sans voir les 2h30 passer. (note : 4/5)
→ 0 Commentaire25 août 2009 · Catégorie ciné
Chinatown
Ce film culte de Roman Polanski tourné en 1974 se passe dans le Los Angeles des années 30 où Jack Nicholson joue le rôle d’un détective privé qui s’obstine à mener une enquête aux ramifications inattendues. Dans la vraie tradition des films noirs , Chinatown nous plonge rapidement dans une étrange énigme où chaque personnage semble avoir un jeu à cacher. Les cartes s’abattent petit à petit jusqu’à la scène finale qui nous rappelle que Hollywood (même si c’est Polanski) n’a pas toujours produit des comptes de fées où on s’embrasse à la fin. Superbe (note : 4/5)
→ 0 Commentaire7 juillet 2009 · Catégorie ciné
L’Affaire Kravtchenko
Nina Berberova faisait partie des écrivains et journalistes qui ont couvert le célèbre procès Kravtchenko qui, en 1949, a opposé un ancien haut fonctionnaire soviétique qui « est passé à l’Ouest » (Viktor Kravtchenko) à la revue communiste Les Letres Françaises. Kravtechenko, auteur d’un livre J’Ai Choisi La Liberté où il raconte la réalité du régime soviétique telle qu’il l’a vécue (le Parti, les purges, les camps, etc.) avait assigné la revue communiste pour diffamation après que celle ci eu publié plusieurs articles traitant l’auteur de menteur, traître et autre épithètes du même calibre. D’un simple procès en diffamation, le Tribunal parisien est devenu une tribune où il s’agissait de prouver que l’Union Soviétique était la dicature que décrivait le dissident alors que les communistes français (dont des prix Nobel et des députés), fidèles à la ligne du Parti, clamaient haut et fort que les millions de soviétiques étaient les plus heureux du monde. Nina Berberova raconte ce procès comme elle l’a vécue en tant qu’émigrée et journaliste russe, consternée par l’aveuglement et les mensonges de la défense, avec un parti pris mais une efficacité certaine.
Le fait historique (et le dégoût que suscitent les communistes français de l’époque) ainsi que le livre de Kravtchenko dont il est question (et dont la lecture est antérieure à l’existence de ce blog), valent sans aucun doute le détour. (note : 4/5)
→ 1 Commentaire28 mai 2009 · Catégorie lecture
The Chaser
Nous sommes à Seoul, un ancien flic reconverti en proxénète voit ses filles disparaître. D’un soupçon de fuite, il va vite découvrir qu’un psychopathe est derrière ces disparitions. Si les masques sont jetés dès la première demi-heure (ce qui va à l’encontre des règles de suspens habituels), le jeu psychologique du chat et la souris et les courses poursuites (à pieds) sont terriblement efficaces. La violence simple et débridée (à l’asiatique) finit par en faire un film bouleversant (dans l’esprit des films de Park Chen-wook, Sympathy for Mr Vengeance, …). (note : 4/5, déconseillé aux âmes sensibles).
→ 1 Commentaire31 mars 2009 · Catégorie ciné
Gran Torino
Clint Eastwood est encore là à 79 ans, 1 an après l’Echange, 2 ans après Lettres d’Iwo Jima, et la liste est encore longue. Mais cette fois ci, l’acteur réalisateur est loin des fresques historiques et sociales et (se) livre un film sur mesure, limité dans l’espace (un quartier) et recroquevillé sur son héros (Clint en personne) et son passé pendant la guerre de Corée qu’il a du mal à oublier. Si cet espace restreint démontre à nouveau le génie de l’acteur (quelqu’un en doutait-il encore?), l’histoire d’un retraité raciste qui a perdu sa femme et qui se lie de manière inattendue avec ses voisins asiatiques qu’il méprisait tant en début du film reste limitée dans sa portée cinématographique. Une belle démonstration de talent mais décevante pour un Clint Eastwood. (note : 3/5)
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Love & Pop
Le dernier Murakami (Ryu, pas Haruki) aborde encore une fois le thème cher à l’auteur : la décadence de la société japonaise en apparence très normée mais dont les soupapes résident (entre autres) dans des formes de prostitution extrêmes. Si le thème des jeunes lycéennes qui offrent leurs services pour se payer un sac Vuitton est d’actualité, son traitement dans ce court roman est d’une facilité déconcertante. Une fois qu’on élimine tous ces passages qui reproduisent des extraits d’émissions de radios ou de télé, il ne reste pas grand chose du roman. Et ce pas grand chose, même s’il arrive par moment à faire ressentir la violence latente qui se cache derrière ces clubs de rencontre téléphoniques, on reste déçus par l’ensemble très en deçà de l’intensité dramatique de ses chefs d’oeuvre précédents (Bébés de la consigne automatique, trilogie des monologues sur le plaisir, etc.) (note : 1/5)
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Gloss
Gloss (ou Glyanets), dernier film d’Andrei Konchalovsky (frère de Nikita Mikhalkov), depeint la russie moderne des oligarques, des paillettes, de l’argent qui coule à flot et de la femme marchandise. Ce monde est vu à travers le regard fasciné d’une provinciale originaire de Rostov qui rêve de monter à Moscou pour devenir une starlette des magazines. Après des petits boulots et plusieurs humiliations, elle finit par faire part de ce monde superficiel. Si l’approche est intéressante, le film survole les clichés et sombre vite dans la facilité et l’étalage de la chaire humaine. Les moments de drame y sont pathétiques et ceux d’émotion inexistants… Quelques minutes après le générique de fin, il ne reste que des images de magnifiques créatures et le dégoût pour un univers où on peut acheter une femme pour 50 000 dollars. Dommage, un peu de profondeur aux personnage en aurait surement fait un excellent film. (note : 3/5)
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Manu Dibango
Manu Dibango
Manu Dibango, à 76 ans, au Petit Journal Montparnasse le 28 janvier 2009. Entre reprises de Bechet, hommage au Duke et rythme afro-jazz, l’énergie est au rendez-vous. (note : 4/5)
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Une Histoire Vraie
David Lynch, dans un de ses rares films contemplatifs, nous raconte l’histoire vraie d’un septagénaire qui parcourt des centaines de kilomètres en tondeuse à gazon à travers l’Iowa pour retrouver son frère malade. Un voyage surprenant, magnifique et touchant d’authenticité et de lyrisme. A (re)voir. (note : 4/5)
→ 0 Commentaire28 janvier 2009 · Catégorie ciné
Fados
Carlos Saura (réalisateur du célèbre Cria Cuervos) revient avec un film/documentaire sur le monde du Fado, une musique née dans les docks de Lisbonne au XIX siècle et que l’empire portugais a diffusé du Mozambique au Brésil. Si le « s » du titre fait référence aux mutliples facettes contemporaines de cette musique, le film se contente d’un alignement de chansons (dont la plupart est tournée en studio!) et peine à nous raconter l’histoire vagabonde de cette musique mélancolique. Malgré des chants menés par les meilleurs « fadistas » du monde, on est déçu par la facilité d’une telle « compilation ». Avec peu d’efforts supplémentaires, Carlos Saura aurait pu, en plus de nous enchanter les oreilles, nous raconter une belle histoire. (note : 2/5).
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The Spirit
The Spirit est la dernière petite merveille sortie de l’imaginaire de Franck Miller. Peut-être moins surprenant que le précurseur Sin City, moins grandiose que 300 mais avec une petite touche poétique qui rend le justicier (parce qu’on parle bien de ça : les comics, un justicier avec des pouvoirs surnaturels face à des méchants très méchants) de Central City sympathique. Nous sommes vite séduits par les décors et l’ambiance qui mélangent réalité et fiction. Comme dirait un certain M. B. à la sortie du film : « j’avais l’impression de voir une oeuvre d’art au cinéma ». Je ne peux être que d’accord. (note : 4/5)
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Beyrouth & le NY Times
Le NY Times n’a pas peur d’aller à Beyrouth (de quoi aurait-il peur d’ailleurs?). Pour preuve, la ville figure en première position de la liste des endroits à visiter en 2009 établie par la journal (lien). Comme quoi, la vision étriquée qu’on pourrait avoir des médias américains ne semble pas être une vérité absolue.
Amazing, isn’t it ?
→ 0 Commentaire15 janvier 2009 · Catégorie café philo