Le dernier (et on espère chaque fois que ce ne sera pas le dernier) ‘Miyazaki’ est en fait une création du fils du célèbre Hayao Miyazaki (Princesse Mononoké, Voyage de Chihiro, …) qui se lance dans le sillage de son père après une expérience d’architecte. Le fils s’éloigne en apparence du monde imaginaire de son père rempli d’esprits et de créatures étranges pour décrire un amour d’adolescents dans une bourgade paisible au bord du port de Yokohama. Dans un japon d’après guerre où les élan de nationalisme visent à redonner une fierté perdue à un peuple vaincu, une jeune fille lève inlassablement deux pavillons marins chaque matin en mémoire à son père disparu. C’est ce même père qui se retrouve connecté au passé d’un lycéen passionné qui ne manque pas de croiser le chemin et le destin de la jeune fille. Mais ce monde si simple est peut être encore plus imaginaire que les esprits de la forêt de Miyazaki-père: le lyrisme de la fierté, de la passion et de l’espoir existe-t-il encore ailleurs que dans l’imaginaire? (note : 4/5)
La Colline aux Coquelicots
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Machete
Ancien agent fédéral mexicain, Machete se retrouve immigré illégal au Texas pour fuir son passé marqué par l’assassinat de sa famille par un baron de la drogue. Malgré lui, il se retrouve mêlé à une histoire de tentative d’assassinat politique mettant en jeu des ultra-républicains qui chassent les immigrés à coups de fusil. Entouré d’aventurières aux formes généreuses, il se lance à la chasse aux méchants pour en découdre une fois pour toute. Dans ce nouveau série Z, Robert Rodriguez, grand ami de Tarantino, revient avec un nouvel épisode digne de Sin City et Une nuit en enfer (qu’il a également mis en sc`ne). Génial dans son genre. (note : 4/5)
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Mr Popper’s Penguins
Jim Carrey est un businessman sans cœur qui garde enfoui au fond de lui l’écho d’un père absent parti faire un tour du monde et un jour jamais revenu. En héritage, il reçoit directement envoyés du Pôle Nord 6 pingouins polaires qu’il doit loger dans son duplex new-yorkais tout en essayant de recoller les morceaux avec sa famille. Le cinéma américain reste encore à mes yeux inégalé dans les comédies familiales légères et émouvantes et Jim Carrey est le parfait représentant de ce mélange de comédie burlesque et de tragédie. Le film rend d’ailleurs discrètement hommage à Charlot devant qui les pingouins peuvent passer des heures entières entre admiration et mimiques. Génial si on sait l’apprécier à sa juste portée. (note : 4/5)
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Tree of Life
La palme d’or de Cannes ressemble toujours à une grille de loto : on peut gagner gros mais les chances sont minimes. Tree of Life de Terrence Malick ne fait pas exception à cette règle et ce n’est pas sans une certaine hésitation que j’y suis allé.
Le film commence par une heure de lyrisme adolescisant où on assiste à un défilé d’images (très belles au demeurant) des 4 éléments (volcans, planètes, eau, cellules) sur un fond de musique classique digne d’un excellent salon de coiffure. Malick a même réussit à glisser une scène de dinosaures dans ce qui ressemblait à un reportage sur la beauté de l’univers. L’effet est déroutant et ce n’est que la curiosité de ce qui pouvait suivre qui m’a empêché de quitter la salle.
Après cette première heure, on retrouve la trame, peu de mots, des émotions qui passent par des gestes simples, bref, superbe… mais tout cela ne dure que trop peu et on retrouve vite le délire cosmique du début et cette même musique classique de salon de coiffure… A vouloir trop en faire, malick en a fait trop et la lumière s’est allumée sur un éclat de rire général de la salle qui se demandait comme on avait pu en arriver là. A éviter. (note : 2/5)
→ 1 Commentaire21 septembre 2011 · Catégorie ciné
Miami City Ballet
Les invités du moment des Etés de la danse à Paris affichent une programmation alléchante : un trio de petits tableaux enchainant du Balanchine sur du Tchaikovsky, du Bach et du Sinatra. De quoi remplir le Théâtre du Chatelet. Le premier tableau s’ouvre sur un décor d’un kitsh très américain… les danseurs se déplacent en mouvement ordonnés, les tutus balancent, c’est mou, sans intérêt, on s’ennuie mais heureusement que c’est fini. Le second tableau est plus moderne, des danseurs habillés en guêpes et des mouvements plus agressifs. C’est mieux mais les danseurs oublient souvent de se coordonner et nous sommes loin de l’extase. Le dernier tableau finit par enlever tout espoir : sur neufs enchainements de Sinatra, des couples entrent en scène, effectuent une danse de cabaret au rythme complètement déconnecté de la musique… jusqu’à un tableau final où on retrouve tous les couples sur la même scène pour nous répéter leurs mêmes pas, encore sans rapport avec le fond sonore.
Et c’est là où je me suis rappelé tous ces Preljocaj où les danseurs ont des ailes, les corps sont légers quand ils s’envolent et lourds quand ils tombent, les gestes d’une précision et une synchronisation impressionnantes… Le Miami City Ballet en est très très très loin (à moins qu’ils n’aient envoyé en France les remplaçants?). A fuir. (Note : 1/5)
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J’ai rencontré le diable
Le synopsis du dernier film de Kim Jee-woon est laconique (« un agent secret recherche le tueur en série qui a tué sa fiancée… ») et aurait pu passer inaperçu si le cinéma coréen ne nous avait pas habitué à une vision particulière de la violence. On sent que quelque chose se trame quand l’agent secret retrouve le tueur au bout d’une petite demi heure de film… et le laisse filer dans une course poursuite démoniaque où l’on finit par se demander qui est le fou et qui est le sain d’esprit. Extrêmement violent mais captivant de folie. A voir. (note : 4/5)
→ 0 Commentaire18 juillet 2011 · Catégorie ciné
Black Swann
Non, je ne voulais pas aller voir le dernier film du réalisateur du magnifique Requiem For A Dream, sans doute par méfiance pour tout ce qui me semble hyper-médiatisé… Oui, j’étais persuadé qu’on y accourait principalement (uniquement?) pour y voir Nathalie Portman… Et c’est avec ces idées toutes faites que j’ai failli passer à côté d’une petite merveille troublante sur le monde impitoyable des ballerines et des démons de la folie exacerbés par une quête impossible de la perfection… Nathalie Portman -qu’on a le droit de ne pas aimer- est sublime et le film est à la hauteur du premier requiem du réalisateur. Génial! (note : 5/5)
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True Grit
Le dernier film des frères Coen est dans la lignée de ce qu’ils savent faire de mieux : une ambiance de far west dans l’Arkansas des siècles derniers, des brutes épaisses et des bons aux caractères mal finis. On se laisse entraîner dans la chevauchée en territoire indien d’un marchal et d’une gamine de 14 ans qui cherche a venger la mort de son père. Une fois n’est pas coutume, aucune happy end mais une superbe mise en image de cette sentence du début du film « tout doit se payer, excepté la grâce de Dieu ». (note : 4/5)
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Le goulag raconté par E. Guinzbourg
Au cours d’une discussion, j’apprends qu’une certaine Evguenia Guinzbourg, la mère du célèbre Vassili Axionov que j’ai récemment découvert à travers son chef d’œuvre Une Saga Moscovite, aurait écrit un des grands classiques sur le Goulag. N’ayant jamais réussi à lire plus de dix page d’un Soljenistyne, je mets cette nouvelle en veilleuse jusqu’au jour où un esprit avisé m’offre Le Vertige et Le Ciel de la Kolyma, les deux volets autobiographiques de l’œuvre de Guinzbourg… et là, c’est la révélation. Avec la même puissance de verbe qu’une Nina Berberova, « Jenia », fervente communiste, raconte avec une précision et une simplicité déconcertantes, son expérience des purges staliniennes de la fin des années 1930 qui l’ont emmenée des cachots du NKVD à Iaroslav jusqu’aux camps de « rééducation » de la Kolyma. Ce récit, qu’elle a écrit dans les années 1960-1970 après sa réhabilitation et son retour à Moscou (et dont elle avait conservé en mémoire tous les détails pendant toute la durée de son exil) porte encore toute la charge émotionnelle de cette expérience de la souffrance qu’un esprit normal aurait du mal à imaginer. Un grand moment de littérature à découvrir d’urgence… Merci M. B. pour cette excellente découverte (note : 5/5)
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Arriety
Arriety, le petit monde des chapardeurs est la dernière petite merveille sortie des Studios Ghibli sous la supervision de Miyazaki dont la réputation n’est plus à établir. Plus ‘simple’ à aborder que les Miyazaki classiques, le premier long métrage du réalisateur Hiromasa Yonebayashi n’en reste pas moins dans la lignée des chefs d’œuvres de son mentor par sa capacité à nous emporter dans un fabuleux univers poétique où on retrouve des thèmes classiques comme la relation des personnages entre eux et avec la nature, la cohabitation avec l’environnement et la lutte pour la vie. Bref, les petits chapardeurs qui empruntent ce dont ils ont besoin pour vivre aux humains sont attachants et le film passe à une vitesse incroyable. A voir. (note : 5/5)
→ 0 Commentaire20 janvier 2011 · Catégorie ciné
Quartier Lointain
Découvrir Jiro Taniguchi par son Homme qui marche, manga presque muet qui accompagne les promenades de quartier d’un homme ordinaire, n’est sûrement pas la meilleure entrée en matière : malgré des dessins subtils, le livre n’en reste pas moins déconcertant (mon premier manga contemplatif). Quartier Lointain est un manga plus classique où on retrouve la même subtilité dans l’image. L’intrigue d’un homme de 48 ans qui se retrouve dans sa peau d’adolescent de 14 ans est terriblement captivante et bien menée. On se laisse volontiers emporter dans ce Japon rural des années 1960 à la recherche du temps et des occasions perdus. Chacun de nous aurait pu être Hiroshi et on n’en garde que la déception de fermer le livre trop tôt. Ma meilleure découverte dans mon expérience limitée des mangas. (note : 5/5)
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Chroniques de l’Oiseau à Ressort
Six ans après une première découverte, relire les Chroniques de Haruki Murakami relève encore du voyage dans un monde mystérieux mais à portée de main qui se crée autour d’un couple banal d’un employé de cabinet juridique qui quitte son emploi et son épouse qui cache de terribles secrets d’enfance. La poésie habituelle de Murakami est cette fois, dans ce roman qui se démarque nettement du reste de son œuvre, plus discrète. C’est surtout l’absence de frontières à l’imagination dans un univers clos qui tient dans un pâté de maisons qui envoûte le lecteur : le chat disparaît, une inconnue fait du charme au téléphone, une femme au nom de l’île de Crète prédit l’avenir… on se laisse avec plaisir entraîner dans ce monde fantastique. Sans doute le chef d’œuvre de Murakami et un des meilleurs romans que j’ai eu la chance de lire. (note : 5/5)
→ 1 Commentaire8 décembre 2010 · Catégorie lecture
Anna Karénine, le ballet
Que donneraient les grands classiques de la littérature russe en ballet ? Boris Eifman, chorégraphe russe qui dirige le ballet de Saint-Pétersbourg depuis plus de trente ans, tente d’y répondre avec des créations comme L’Idiot, Les Frères Karamazov, Anna Karénine ou plus récemment La Mouette. Son retour en France avec Anna Karénine permet de redécouvrir ce ballet magnifique que j’avais eu l’occasion de voir une première fois au New York City Ballet en 2005. Sur une musique de Tchaikovsky, entre classicisme et modernité, et dans une exigence où les corps sont poussés à leur extrême limite, nous y accompagnons Anna dans sa folie et son déchirement entre la traditionnelle vie familiale et une passion dévorante pour son amant, dont l’issue, « à la russe », ne peut être que fatale. Splendide. (note : 5/5)
→ 1 Commentaire7 décembre 2010 · Catégorie danse
Outrage
On attendait avec impatience le dernier Takeshi Kitano (avec Beat Takeshi en rôle principal)… et la déception est à la hauteur de l’attente : absence de scénario, acteurs absents, longueurs, dialogue et intrigue inexistants, quelques explosions de violence qui n’empêchent malheureusement pas de s’assoupir tout au long du film… à se demander s’il ne s’agissait finalement pas d’un film amateur que Kitano aurait diffusé sous son nom sans même le visionner… bref, étonnant de médiocrité ! (note : 0/5)
→ 0 Commentaire2 décembre 2010 · Catégorie ciné
Fargo
Retour sur un des premiers film des frères Coen : un vendeur de voiture fait enlever sa femme par deux malfrats minables pour toucher une rançon du riche beau-père… forcément, les choses ne tournent pas comme prévu et une policière de campagne remonte lentement la piste. L’ambiance des gens ordinaires mais au bord du précipice que savent si bien instaurer les frères Coen est bien là, musique parfaite, acteurs à la tête de l’emploi… mais un scénario un brin basique, loin de cette tension permanente de leur chef d’œuvre No Country for Old Men. A voir mais fait penser à une œuvre de jeunesse non aboutie. (note : 3/5)
→ 0 Commentaire1 novembre 2010 · Catégorie ciné
Princesse Mononoké
Miyazaki nous raconte cette fois l’histoire d’Ashikata, chef de clan dans le Japon du XVe siècle touché par la malédiction d’un sanglier transformé en dieu maléfique. Il est alors forcé de partir à la recherche du dieu cerf pour lever la malédiction qui le gangrène. Il rencontre alors un monde où les humains se battent contre les esprits de la vieille forêt pour assurer leur prospérité, thème cher à Miyazaki qui met en scène l’opposition entre progrès et respect de l’environnement et la complexité des rapports entre les hommes et leur environnement. Cette complexité ne fait que s’accroître quand Ashikata découvre que la forêt est protégée par Princesse Mononoké, une humaine adoptée par les loups… Un chouette Miyazaki. (note : 5/5)
→ 0 Commentaire31 octobre 2010 · Catégorie ciné
Alamut
Ce roman historique de l’écrivain slovène Vladimir Bartol de la première moitié du XX siècle est tout simplement étonnant : partant de l’histoire de la « secte des assassins » (secte ismaélienne du XI siècle) et du récit légendaire accompagnant cette secte (le fondateur, autoproclamé prophète, régnait sur une forteresse imprenable où il formait des futurs martyrs en leur ouvrant la porte du paradis grâce à des bonbons drogués), il dénonce dès la fin des années 30 (Staline au pouvoir depuis 15 ans, Hitler fraichement arrivé) les régime totalitaires basés sur la soumission et l’aveuglement des masses. Il prophétise aussi, longtemps avant les attentats du 11 septembre 2001, ce recours au martyr au nom de la religion et du paradis céleste. Captivant, tant du point vue historique que purement romanesque. (note : 4/5)
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Suivront mille ans de calme
La dernière création de Preljocaj est ambitieuse : collaboration avec le Théâtre du Bolchoï (10 danseurs du Bolchoï participent à la chorégraphie), musique de Laurent Garnier, inspiration de l’Apocalypse de Saint Jean… la barre est très haute mais le résultat dépasse les espérances : une scénographie aux inspirations indiennes impeccable, une musique électronique envoutante ponctuée de quelques passages de Beethoven, des gestes toujours aussi précis et une émotion à son comble. Comme le dit Preljocaj, la danse « stigmatise nos rituels, révèle l’incongruité de nos postures qu’elles soient d’ordre social, religieuses ou païennes. Suivront mille ans de calme voudrait effleurer cette dérive aveugle des corps, ballottés par des idéaux et des croyances, un peu perdus entre les lignes de l’Apocalypse ». Le résultat de cette réflexion est un ballet engagé qui « dévoile » les fléaux cachés dans les recoins de nos sociétés… et après, si on s’en sort, suivront effectivement mille ans de calme… Splendide ! (note : 5/5)
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L’Arrache-coeur
Après avoir lu l’Ecume des jours, le titre de l’Arrache-coeur est trompeur, on s’attend à y retrouver ce fameux objet qu’Alise a utilisé pour tuer Jean-Sol Partre… mais Boris Vian nous livre un roman étonnant, moins poétique, autrement plus complexe. Nous sommes encore projetés dans un univers fantastique, un petit village perché sur les falaises qu’un étranger va voir d’un œil nouveau : le surréaliste (la foire aux vieux, les enfants esclaves, les animaux crucifiés, la religion luxe, …) se normalise lentement dans un rythme temporel déroutant et les seules personnes vivant à l’extérieur du village sombrent dans un amour obsessionnel inquiétant. Du Vian intense qui nous renvoie à notre propre folie. (note : 5/5)
→ 0 Commentaire10 octobre 2010 · Catégorie lecture
L’Arrangement
L’Arrangement, adapté par Elia Kazan de sa propre nouvelle éponyme, nous rappelle la puissance d’une image simple (un homme, un paysage, une musique, …) lorsque le génie d’un réalisateur et des acteurs lui donnent une force dramatique inégalée (et, par opposition, la médiocrité générale du cinéma actuel qui regorge de sophistications inutiles). Kirk Douglas, impressionnant, y incarne un homme dont la réussite matérielle ne le sauve pas du vide intérieur et des démons du passé. Faye Dunaway, froide beauté fatale, est la muse du film. Elia Kazan confirme (beaucoup le savaient déjà bien avant moi) qu’il fait partie des grands du cinéma. (note : 5/5)
→ 0 Commentaire2 octobre 2010 · Catégorie ciné